Histoire de la Fédération

1984 : Les centres sociaux de la Drôme ont commencé à se croiser et à échanger à l’initiative de l’Union Régionale des Centres sociaux. La notion de centre social est alors peu connue dans le Drôme : plusieurs villes implantent des lieux d’action sociale qu’elles appellent centre social sans animation du lieu ni agrément CAF ; deux centres sont en gestion directe CAF et deux autres en gestion municipale, confortant l’image de services publics des centres sociaux.
1992 : La fédération est née du souhait des centres sociaux de disposer d’un lieu ressource . Elle propose un soutien technique aux centres, assure un travail de promotion des centres auprès des collectivités locales. Elle développe aussi des temps de formation des élus associatifs et accompagne des réflexions sur des sujets d’actualité (participation des directeurs aux comités techniques régionaux sur l’évaluation et les problématiques urbaines). Le réseau est alors très hétérogène.
1998 : La fédération s’est dotée d’une Charte afin d’afficher les valeurs qui guident son action. Cette charte engage les centres sociaux signataires dans des démarches de développement social (orientation qui précède l’adoption de la Charte de 2000 de la FCSF et trace une voie dans laquelle nous sommes aujourd’hui encore engagée) et précise que :
– Face à l’exclusion les centres sociaux de la Drôme affirment que seule une solidarité large peut mettre en œuvre une dynamique de développement profitable à tous. Nous ne pouvons pas nous résoudre à être des palliatifs d’une société excluante.
– Les actions menées par les centres sociaux doivent s’appliquer à repérer les inégalités et les situations d’exclusion (qu’elles soient liées à des ressources financières insuffisantes, à des handicaps, à des différences culturelles) et être en capacité de faire connaître ces situations ; accompagner ces personnes, si elles le désirent, dans un parcours d’insertion en respectant la personne et son libre arbitre ; être présent au cœur des actions collectives permettant de réduire ces inégalités.
– Chacun est porteur de potentiels et de savoir. Les centres sociaux veulent s’appliquer à mettre en valeur ces savoirs et ces énergies en donnant l’occasion de les développer et/ou de les partager. Chacun, quelque soit sa situation, peut participer à sa mesure à l’élaboration de la vie en société, accéder à plus de compréhension et de responsabilité.
– C’est par l’action collective et la dynamique sociale, respectueuses des identités et des opinions de chacun, que les centres sociaux cherchent
à agir.
2002 : La fédération franchit une étape décisive de son développement institutionnel avec le renforcement de son bureau, l’embauche d’un délégué à plein temps et la signature de conventions avec la CAF et le conseil général. Le projet pour la période 2003-2006 a pour but de « promouvoir et développer une forme d’intervention sociale et éducative qui permette à chacun d’être en capacité de décoder et d’agir collectivement sur son environnement ». Pour cela, La fédération affiche les objectifs opérationnels suivants :
– Représenter les centres, répondre à leurs sollicitations et prévenir les situations de crise.
– Animer un travail fédéral autour de l’accueil, de l’animation enfance, de l’éducation des jeunes, du développement social local
– Animer des formation de bénévoles afin de développer la vie associative.
– Agir sur les politiques publiques et favoriser de nouvelles formes de démarches territoriales (plus participatives)
– Développer une « expertise » en DSL, diagnostic et accompagnement de projets. Pour cela, des formations avec Michel Séguier ont été
organisés.
2006 : La Fédération, soumise à des tensions concernant le rôle de la Fédération et sa relations avec les centres sociaux renouvelle son projet fédéral. Ce projet s’inscrit dans la continuité du travail engagé précédemment.
Face au développement des inégalités socioéconomiques, au repli sur soi et à la peur de l’autre, aux discriminations et à la perte du lien social, à l’éloignement des citoyens des espaces de décision, les centres sociaux fédérés proposent de développer les solidarités et la citoyenneté. Les ressources de la fédération sont clairement tournées vers ce qui change la vie des gens de nos territoires et « fait bouger les choses » (le but de la Fédération est « organiser un projet de transformation sociale » et pour cela accompagne les centres sociaux dans le développement d’actions collectives sur des questions d’émancipation).
Au cours de ces dernières années, la fédération s’est appliquée à :
– Encourager une vie associative indépendante, ouverte à tous et pour tous, garante du renouveau démocratique dans un contexte marqué par le désintérêt pour la chose publique.
– Préciser ce que nous entendons par « participation des habitants » ou « développement social local »
– Proposer des outils et qualifier les acteurs des centres sociaux dans l’accompagnement d’actions collectives (dans la continuité des formations Séguier).
– Identifier des questions sociales importantes et animer des réflexions communes autour de ces enjeux (ex : Pauvreté, jeunes adultes, migrations, démocratie locale)
– Tisser des alliances avec des associations ou mouvements sociaux orientées vers l’animation locale et le changement social
– Permettre à des centres de dépasser une crise, recruter leur directeur ou renforcer leur vie démocratique. La Fédération a fait valoir trois fois son devoir d’intervention au cours du dernier projet fédéral.
La Fédération et les centres sociaux ont été cependant confrontés à différents obstacles parmi lesquels :
– Un investissement fluctuant des administrateurs des centres sociaux et de la Fédération, rendant parfois difficile le développement d’une vie associative épanouissante et d’un portage très collectif des projets
– Le développement de tendances à considérer les centres sociaux comme des opérateurs des politiques publiques, que ce soit à travers la difficile négociation de conventions entre des collectivités et des associations souhaitant préserver l’autonomie de leur projet, la municipalisation de centres sociaux associatifs, la mise en marchés publics d’un agrément centre social ou les réticences de certains élus et techniciens à favoriser l’émergence de comités d’usagers ou de collectif dans les centres sociaux municipaux.
– Un repositionnement parfois difficile des animateurs ou des administrateurs du centre social en accompagnement d’actions collectives et non pas uniquement en gestion d’actions et activités (malgré une intention partagée).
Le contrat d’accompagnement et de coopération passé entre la Fédération et les centres sociaux fédérés n’a parfois pas été suffisamment formalisé (malgré la simplification de la procédure d’adhésion reconnaissance inscrite dans notre règlement intérieur) et le nombre d’adhérents de la Fédération a également fluctué durant ces dernières années.
2013 : 14 Centres sociaux et 2 associations sont adhérents de la Fédération.
1 centre social est « sympathisant » de la Fédération (sans avoir formalisé son adhésion) et participent à des commissions fédérales, la MJC/CS de Livron sur Drôme.
7 centres sociaux bénéficient de l’agrément Centre social de la CAF sans participer à la dynamique fédérale : MJC/CS de Portes-lès-Valence, CS St Nicolas (Romans), CS du Tambour (marché public, Valence), les 3 CS municipaux de Montélimar, le CS municipal de Crest.
2 projets sont en cours en vue d’un agrément Centre social en 2014 : MJC Grand Charran et ChateauVert (Valence), MJC de St Donat sur l’Herbasse.

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