Le 17 octobre dernier s’est tenu à Grenoble une rencontre rhonalpine autour du Plan pluriannuelle de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale.
L’ensemble des acteurs de l’action sociale et de l’animation sociale, institutionnels et associatifs y étaient conviés.
Le plan était présenté par François Chérèque dans le cadre de sa mission IGAS. Le plan a été officiellement engagé en 2012, via des débats au Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, puis validé en Comité Interministériel de Lutte contre l’Exclusion en janvier 2013. A noter que le CNLE est constitué de 7 collèges, + un huitième collège « expérimental » composé de personnes en situation de pauvreté ou de précarité.
La matinée était consacré à la présentation du Plan, l’après-midi se voulait un focus sur les départements. Parmi les différents engagements du Plan est inscrit la volonté d’associer les acteurs institutionnels et associatifs à la gouvernance de sa mise en œuvre locale.
Le plan résumé en deux pages : Synthèse plan pluriannuel contre la pauvreté
L’essentiel à retenir de la rencontre :
- Alain Genthon (Conseil Général, Vice-President en charge des Solidarités) a réaffirmé publiquement sa volonté d’engager une politique de décloisonnement de l’action sociale, avec une réinscription de l’action dans la proximité par bassin de vie.
- des alertes portant sur les moyens financiers alloués au Plan ont déjà été rapportés au gouvernement. L’une des principales porte sur le principe de lutte contre le non-recours aux droits sociaux : alors que la fraude représente 300 millions d’euros de dépenses, le non-recours est évalué à près de 5 milliards d’euros !
- des représentants isérois de bénéficiaires du RSA ainsi qu’ATD 1/4 monde ont dénoncé l’absence des personnes en situation de précarité dans la construction des politiques publiques, réaffirmant – pour les bénéficiaires du RSA – leur souhait d’être associés au dialogue au titre de partenaires sociaux. Le 8éme collège du CNLE évoqué plus haut ne connaissant pas de déclinaisons locales sur les territoires.
- au niveau statistique, la DRJSCS a présenté un important travail de cartographie qui montre par exemple que la Drôme voient les revenus moyens de ses habitants diminuer de 2008 à 2010, ou que le nombre de jeunes en difficulté de lecture dans la Drôme est le plus élevé de Rhône-Alpes…
- enfin la rencontre de l’après-midi, qui réunissait pour l’essentiel des acteurs de l’action sociale, a donné des résultats mitigés : beaucoup s’accordent sur la nécessité de travailler en transversalité et par bassin de vie, sur l’importance de reconnaître l’expertise d’usage des personnes en situation de précarité, ou celle de devoir sortir des logiques de dispositif pour traiter les personnes dans leur globalité ; en revanche l’État comme le Conseil Général ne sont pas prêts aujourd’hui pour démarrer un processus partagé de mise en synergie des acteurs autour de la gouvernance du Plan. La seule piste concrète évoquée étant la poursuite par le CG26 de l’expérimentation CLAS (Commission Locale d’Action Sociale) sur le territoire Drôme des Collines.
Pour conclure :
Pour l’essentiel, nous souscrivons aux grands principes énoncés dans le Plan (non-stigmatisation, participation des personnes en situation de pauvreté à l’élaboration des politiques publiques, etc) ou à certaines des mesures qui recoupent directement des propositions du LivreBlanc rédigé par la collectif pour la Dignité et contre la pauvreté, organisateur des marches de 2009 et 2010. Cependant, la question des moyens engagés, comme celle de la gouvernance des politiques publiques – qui passe par une culture partagée du développement social local et une reconnaissance du rôle des acteurs engagés sur les territoires – restent les grandes inconnues de l’équation.